Objectifs, Opérations, Points de vue

 

Lignes directrices, résumé

L’homme à “domestiqué” l’abeille depuis des centaines voire des milliers d’années suivant les régions. Il en a favorisé le développement notamment par le déplacement de colonies, ce qui a permis à l’abeille de coloniser le monde entier particulièrement au cours de ces deux derniers siècles. Le monde n’a probablement jamais connu une population d’abeilles aussi élevée qu’au 20ème siècle.

Il est cependant vrai que depuis une cinquantaine d’années, les abeilles doivent faire face à de nombreux problèmes dus notamment à l’apparition de la nosémose au début du siècle et du varroa dans les années 70. A cela s’ajoute diverses maladies connues de longue date, virales ou micro-organismes. Au niveau des ressources en pollen et nectar, la monoculture, l’efficacité de nos agriculteurs qui luttent contre les “mauvaises herbes”, la disparition des haies, la prolifération du stérile gazon “anglais” s’ajoutent au problème. Les grandes polémiques liées aux pesticides sont, de l’avis de plusieurs spécialistes, loin d’être négligeables. Dans certains cas, une grande source de pesticides dans la ruche est … l’apiculteur lui-même ! (pour lutter contre le varroa entre autres).

La santé de nos abeilles est à l’image de l’état de santé de notre paysage!

La bonne nouvelle étant qu’avec tout ce battage médiatique, la population a été sensibilisée à l’importance de l’apiculture. Ajouté à cela, la méfiance en rapport aux produits alimentaires industriels ne cesse d’augmenter. Le miel étant un produit naturel de qualité ( pour autant qu’on en connaisse la provenance ) Les consommateurs de miel se font donc plus nombreux, particulièrement pour un miel “local”.

Contexte historique

Mon grand-père, apiculteur amateur, décédé il y a une vingtaine d’année, trop tôt pour me transmettre le virus, m’a tout de même laissé en mémoire des parfums inoubliables. J’ai retrouvé ces merveilleuses odeurs lorsque un ami qui débutait en apiculture à sollicité mon aide il y a de cela quelques années. J’étais alors employé à temps partiel à Sainte-Croix et j’ai passé une bonne partie de mon temps libre à m’occuper des ses abeilles avec toute les illusions de l’apiculteur débutant lambda. Nous n’étions pas toujours d’accord sur les procédures et nous avons essuyé les foudres du varroa et de la loque américaine. Deux ans plus tard, mon emploi m’a amené à faire un voyage en Californie, j’ai sauté sur l’occasion. La Californie est une légende apicole en raison de la célèbre pollinisation des amandiers. J’y ai passé six mois au cours desquels j’ai rencontré plusieurs apiculteurs. J’ai eu la chance de pouvoir travailler presque trois mois avec Randy Oliver (www.scientificbeekeeping.com) une célébrité nationale de l’apiculture. J’y ai beaucoup appris, j’ai révolutionné ma vision de l’apiculture et j’ai été enchanté par l’esprit d’entreprise des cet homme.

Objectif de l’entreprise et ligne directrice

L’objectif est de pratiquer l’apiculture de manière biologique et locale, d’établir un partenariat avec l’abeille et de développer sa résistance par la sélection génétique en échange d’une récolte de miel annuelle.

La stratégie s’établira en trois temps:

-1 Développer un cheptel de colonies suffisant pour la survie économique de l’apiculteur et pour la sélection génétique. Le seuil de rentabilité étant fixé pour l’instant à 200 colonies peut évoluer. Une personne seule est capable de s’occuper de 400 colonies en Californie, la chose est donc faisable.

-2 Mettre en place toute l’infrastructure nécessaire à l’extraction de 3 à 5 tonnes de miel par année, le conditionnement et la mise en bocaux. Etablir progressivement un tissus commercial de clients, gros et petits, en me focalisant au début sur les marchés de la région afin de me faire connaître par le biais de la vente directe.

-3 Développer la production et la vente d’autres produits de la ruche: propolis, cire d’abeille, gelée royale, savons etc …

Aperçu du marché

L’Europe à la plus forte consommation de miel par habitant au monde, l’UE représente environ 20 à 25% de la consommation mondiale de miel.

En 2007, la consommation de miel en Europe s’élevait à 310’000 tonnes.

Le marché mondial de miel devrait dépasser 1,9 million de tonnes en 2015. ( ref: Global Industry Analyst, Inc )

La production suisse de miel peut être estimée à 2’300 tonnes, ce qui couvre environ le tiers de la demande indigène. Mon activité représentera donc environ 1 pour mille de la production suisse.

Une étude québécoise estime la consommation annuelle de miel à 1 kg par habitant. En restant prudent à 0,2kg par habitant, nous avons rien qu’a Vevey 18’000 habitants, un potentiel de 3’600kg, et à Lausanne 135’000 habitants, 27’000kg de miel par année.

Parasites

Le Varroa est maintenant connu de longue date. Ce parasite à été étudié de près, il est donc possible de le gérer entre autres de manière biologiques.

Le petit coléoptère des ruches (small hive beetle) a fait son débarquement en Italie cette année (2015). Il va arriver en suisse d’ici quelques années, nous pourront alors profiter du savoir faire des américains pour organiser la lutte.

 

Le célèbre frelon d’Asie déjà implanté en France se rapproche. Il a été vu à Bordeaux en 2014. Ce frelon semble n’être un réel problème que si un nid se trouve à proximité d’un rucher, ce qui est apparemment  possible à éviter par l’installation de pièges à reines de frelons au printemps, lorsqu’elles sortent de leur hivernage à la recherche d’un site de nidification.

Maladies

La nosémose connue depuis le début du vingtième siècle, cette maladie fait partie des préoccupations des apiculteurs d’aujourd’hui (en Californie en tous cas). Peu grave en elle même, elle peut se révéler préoccupante si elle se trouve en collaboration avec d’autres maladies ou parasites. Il est possible par simple microscopie de la diagnostiquer précocement. Des traitements existent mais ne sont malheureusement pas “bio”. Etant sous les feux de la rampe apicole, je soupçonne que les solutions pourraient voir le jour. Cette maladie reste néanmoins relativement peu fréquente chez nous.

La loque est une peste qui effraie beaucoup d’apiculteurs suisse qui n’ont pas l’autorisation de la traiter aux antibiotiques, ce qui est une bonne chose. Un diagnostic précoce et une destruction immédiate par le feu des colonies infectée permet de tenir ce fléau en respect.

Le reste des maladies sont de moindre importance tant que les problèmes ci dessus sont bien gérés, elles ne deviennent dangereuse qu’en conjonction avec ceux-ci.